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Moyen-Orient : la révolution au ralenti

AMMAN – Il semble que mille et une interprétations des changements qui balayent les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord s’expriment. Une réponse souvent entendue est une note d’optimisme prudent, saisie dans le récent discours du Président Barack Obama au Département d’État lorsqu’il fit référence à la « promesse d’avenir. »  

Mais parfois, nous entendons aussi les empreintes du discours populiste qui dénigrent le Moyen-Orient depuis si longtemps que rien, semble-t-il – pas de grand changement – ne peut les réduire au silence. Après les révoltes réussies au Caire et à Tunis, ces calomnies ont diminué. Rapidement, cependant, les vieux messages décrivant le Moyen-Orient comme extrême, fondamentaliste, et hostile à la démocratie se sont insinué à nouveau en Occident.  

Par ailleurs, les hommes et les femmes ordinaires en Occident semblent ressentir une sympathie instinctive envers leurs homologues au Moyen-Orient et en Afrique du nord, dont un grand nombre paye le prix maximum dans leur combat pour leurs droits. Ces sacrifices ont convaincu beaucoup d’Occidentaux que le Moyen-Orient peut encore connaître la rédemption, et que les peuples de la région devraient se voire octroyer une chance de profiter de la même liberté qu’eux mêmes.

Cette différence de perceptions a décontenancé les experts et les analystes politiques internationaux. Cela n’est pas non plus surprenant, puisque la situation demeure un mélange amorphe d’espoir et de destruction.