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Les limites de Dubaï

CAMBRIDGE – Les investisseurs internationaux sont totalement abasourdis par la décision de Dubaï d’autoriser le fleuron de ses sociétés privées, Dubaï World, à requérir un moratoire de six mois (impliquant au moins un défaut de paiement partiel) sur le règlement de près de 26 milliards de dollars de dettes. A quoi pouvaient bien s’attendre les investisseurs en achetant des actions de sociétés avec des noms tels que « Monde sans Limite », l’une des filiales immobilières de Dubaï World mise en faillite ? Voilà bien là une mentalité spéculative.

Je suppose que l’idée était que le gouvernement des Emirats garantirais chacun des emprunts, quels que soient les risques encourus. Et si l’argent venait à manquer, il suffirait au gouvernement de Dubaï, économie qui ne bénéficie pas des précieux revenus du pétrole, de demander à sa riche voisine et sœur Abu Dhabi de régler la facture.

Une idée absurde, si l’en est. Mais à peine plus improbable que tous ces renflouements massifs que l’on a pu constater un peu partout dans le monde dans le sillage de la récente crise financière. Ce qui a réellement contrarié les investisseurs, bien sur, fut de se rendre compte que oui, un jour ou l’autre, des garanties de créances indéfendables devront être retirées. A terme, un monde surendetté devra finir par trouver un moyen de ramener le poids des créances à un niveau acceptable, et ce ne sera pas très joli à voir.

Il y a ceux qui se délectent du spectacle de l’effronterie d’un Dubaï arriviste aux ambitions surdimensionnées. Je ne suis pas de ceux-là. Oui, Dubaï, avec ses îles artificielles, ces hôtels façon Venise orientale et ses courts de tennis chatouillant le ciel, est un château de sable, mais dans un monde réel. Mais Dubaï a pourtant aussi prouvé au reste du Moyen-Orient ce qu’un esprit d’entrepise peut accomplir.