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Le Liban au risque de la manipulation

Depuis quelques semaines, les politiciens libanais appartenant à des groupes aussi divers que le Hezbollah et les Forces libanaises chrétiennes se rencontrent de temps en temps dans le cadre d'un "Dialogue national". Leur premier objectif est de forger un consensus sur l'avenir du Liban après le retrait de l'armée syrienne qui a eu lieu l'année dernière. Mais ce dialogue a surtout montré que la politique libanaise continue à se jouer hors du Liban.

Le régime syrien du président Bachar El Assad conserve une énorme influence sur l’État libanais, notamment en ce qui concerne les questions de sécurité, les services secrets, l'armée et la police, pour ne pas mentionner son alliance avec la puissante milice du Hezbollah. Les soldats syriens ont quitté le Liban il y a un an, mais le régime d'El Assad n'a jamais accepté son retrait du Liban et il cherche à reconquérir une certaine forme d'hégémonie sur le pays.

La position syrienne est rendue plus difficile du fait de l'enquête de l'ONU, qui l'accuse d'être impliquée dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafiq Hariri, le 14 février 2005. Les alliés libanais de la Syrie veulent améliorer les liens entre les deux pays, mais l'assassinat de Hariri ne leur permettra sans doute pas d'avoir gain de cause. Pour le moment, les partis libanais ont convenu de ne pas laisser le pays servir de base pour menacer de quelque manière que ce soit le régime syrien.

En même temps, l'Egypte et l'Arabie saoudite veulent à tout prix éviter la chute du régime d'El Assad. Officiellement ces deux pays se montrent favorables à l'enquête de l'ONU, mais en privé, leurs dirigeants ont lourdement incité le gouvernement libanais à relâcher la pression sur la Syrie. Au Liban, les adversaires de la Syrie ont résisté à cette exigence, mais la position de l'Egypte et de l'Arabie saoudite montre que les dirigeants arabes ne souhaitent pas la chute des autres despotes de la région.