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L’impuissance de la Réserve Fédérale

CAMBRIDGE – L'annonce récente de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, qui faisait état de son intention d’étendre son « Opération Twist » en achetant un montant supplémentaire de 267 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme au cours des six prochains mois – portant à 667 milliards de dollars le montant déboursé cette année, n’a eu pratiquement aucun impact sur les taux d'intérêt ou les prix des actions. L’absence de réponse du marché était un indicateur important que l'assouplissement monétaire a perdu son utilité pour accroître l'activité économique.

La Fed a dit à plusieurs reprises qu'elle mettrait tout en œuvre pour stimuler la croissance. Cela s’est traduit dans un plan visant à maintenir les taux d'intérêt à court terme proche de zéro jusqu'à la fin de 2014, ainsi qu'à un assouplissement quantitatif massif, suivi par l’Opération Twist, dans laquelle la Fed substitue des bons du Trésor de court terme à des obligations de long terme.

Ces politiques sont effectivement parvenues à faire baisser les taux d'intérêt de long terme. Les rendements des bons du Trésor à dix ans sont maintenant revenus à 1,6%, alors qu’ils étaient de 3,4% au début de 2011. Bien qu'il soit difficile de savoir dans quelle mesure cette baisse reflète une demande plus élevée pour les obligations du Trésor de la part des investisseurs mondiaux qui fuient le risque, les politiques de la Fed méritent sans doute une partie des honneurs. Les faibles taux d'intérêt de long terme ont contribué à la faible hausse de 4% de l’indice boursier S&P 500 au cours de la même période.

Il est peu probable que la Fed soit en mesure de continuer à faire diminuer les taux de long terme. Leur niveau est désormais si bas que beaucoup d'investisseurs craignent à juste titre assister à la formation d’une bulle du prix des obligations et des actions. Le résultat pourrait être une réaction de marché poussant à la hausse les taux de long terme, sans que la Fed ne puisse rien y faire. C’est ce qui pourrait se produire si les investisseurs étrangers se mettent à délaisser les obligations de long terme dans leur choix de portefeuille.