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Le FMI après DSK

PRINCETON – Quel revers de fortune pour le puissant patron du Fonds monétaire international ! Il y a plus de dix ans, le magazine français Paris Match publiait une photo du directeur général du FMI de l’époque, Michel Camdessus, avec la légende : « Le Français le plus puissant au monde ». Aujourd’hui, son successeur, Dominique Strauss-Kahn (DSK), menotté et les traits marqués sur les incontournables photos publiées à la une des journaux, est le Français le plus humilié au monde.

L’une des conséquences inattendues du scabreux scandale sexuel dans lequel est impliqué DSK est que la question de sa succession donne lieu à un débat sans précédent. En fait, le scandale a mis au jour quelques problèmes fondamentaux concernant la direction du FMI, voire même l’existence du Fonds.

DSK a tenté de transformer le FMI en un médecin, au lieu d’un policier, de la finance mondiale. Mais pour atténuer ou même prévenir des crises financières, des policiers sont parfois nécessaires. En ce moment, la présence d’excès toujours manifestes à la fois dans le secteur financier et les finances publiques nécessite des mesures de police assez rigoureuses.

Bien qu’une organisation soit toujours plus que la personne qui la dirige, un dirigeant faible ou politisé à la tête de l’institution peut causer des dégâts considérables. Et malheureusement, près de la moitié des précédents directeurs généraux ont été soit faibles, soit ouvertement politiques – ou les deux.