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Rio +20, sommet crucial pour l'avenir de l'humanité !

NAIROBI – A seulement quelques jours du prochain Sommet de la Terre, Rio +20, on ne sait pas exactement combien de hauts responsables de la planète viendront et à quel type d'accord ils pourraient parvenir sur les principaux sujets qui vont être abordés, à savoir la création d'une "économie verte" et d'un "cadre international pour un développement durable". Ce n'est pas par hasard que ces deux thèmes apparaissent associés.

Le terme d'économie verte a été forgé il y a des années - avant même le premier sommet de la Terre en 1992 - pour examiner dans une nouvelle perspective les liens entre développement durable et économie. L'économie verte bénéficie d'un nouvel élan, car le réchauffement climatique est déjà une réalité, le coût des matières premières augmente et les ressources fondamentales telles que l'air pur, une terre arable et l'eau douce se font de plus en plus rares. De plus en plus d'organismes scientifiques - notamment le PNUE, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, dans son rapport sur l'avenir de l'environnement mondial Global Environment Outlook-5 (GEO-5) - confirment ce qui se dessinait à Rio il y a 20 ans. C'est qui va sortir dans quelques jours. 

Ceux qui ont investi dans un modèle économique et un processus de production datant du 19° ou du 20° siècle s'inquiètent du changement de paradigme. Mais il en est de même de certains segments de la société civile qui craignent que la transition vers une économie verte ne désavantage les pauvres et n'augmente leur exposition aux risques et leur vulnérabilité. 

Nous sommes convaincus que l'économie de marché ne permet pas de parvenir à un développement durable en terme de progrès social et de qualité de l'environnement. Seule des institutions fortes, accompagnées de la réglementation et de la législation voulue, le permettraient. La crise systémique dans les secteurs alimentaires, énergétiques et financiers qui s'est exacerbée en 2008 s'enracine dans un paradigme économique qui ne prend pas en compte l'environnement et les services rendus par la nature pour entretenir la vie. Ainsi que le montre un rapport récent, Vers une économie verte : pour un développement durable et une éradication de la pauvreté, l'économie de marché a conduit à une mauvaise répartition du capital à une échelle sans précédent.