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Les racines globales des soubresauts de l’Euro

FLORENCE – Il serait bien trop simpliste d’expliquer la vague d’inquiétude soulevée actuellement par l’euro uniquement par les problèmes de la Grèce. La Grèce a de considérables problèmes budgétaires et de compétitivité, mais la Grèce (2,25% de la population de l’Union Européenne) est plus petite que la Californie (12% de la population des Etats-Unis). Et la Californie elle-aussi souffre de difficultés budgétaires considérables et d’une compétitivité sur le déclin dans certains secteurs d’activité industrielle dans lesquels elle fut pionnière à une époque.

Les problèmes actuels de l’Euro sont plutôt le reflet de problèmes non résolus tant à l’échelle mondiale qu’à l’échelle européenne. La devise commune est le canari dans la mine du système de change global.

L’euro est un indicateur précis du niveau des tensions internationales en cela que c’est une expérimentation audacieuse : une devise qui n’est pas rattachée à un état mais qui découle plutôt de règles et de traités internationaux. C’est plus une créature de l’intellect que le produit du pouvoir. C’est une devise post-moderne ou post-année 70. Mais au lendemain d’une crise, les pays préfèrent défendre les intérêts nationaux plutôt que de respecter les règles internationales.

On considère souvent que la création d’une monnaie est la prérogative de l’état : ce fut la doctrine prévalent au XIXème siècle et qui trouva son apogée dans l’ouvrage de l’économiste allemand Georg Friedrich Knapp The State Theory of Money . Dans le Nouveau Testament, le Christ répond à une question des Pharisiens sur l’obéissance aux autorités civiles en examinant une pièce de monnaie et en déclarant : « rendez à César ce qui appartient à César. » Contrairement à la plupart des billets et des pièces, il n’y a pas la photo d’un état ou de ses symboles – pas de César – sur la monnaie gérée par la Banque Centrale Européenne.