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Dérive nationale ou maîtrise mondiale

LONDRES – Alors que les chefs de file du monde des affaires se réunissent à Davos, un changement de paradigme très en retard sur la politique monétaire se dessine lentement, en vue de subordonner l'optimisation de l'inflation à l'optimisation de la croissance.

Dans ce que certains appellent un « moment de Volcker inversé », le Président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke a indiqué un objectif du taux de chômage à 6,5%, parrallèle à son objectif d'inflation. Le nouveau gouvernement du Japon a proposé un objectif d'inflation minimum. Et Mark Carney, le prochain gouverneur de la Banque d'Angleterre, a affirmé « [qu']il ne pouvait pas y avoir de situation plus favorable pour l'objectif du PIB nominal. » En outre, la Chine s'est engagée à doubler son revenu national moyen par habitant d'ici 2020.

Malheureusement il a fallu sous-estimer pendant quatre ans l'impact de l'austérité budgétaire et un déficit chronique de la demande (avec un potentiel d'approvisionnement de l'économie qui commence à diminuer en conséquence) pour nous mettre d'accord sur la ciblage d'une croissance que le G-20 avait prévue en 2009.

Alors pourquoi, alors que le changement se matérialise, y a-t-il si peu d'optimisme à propos de la croissance en ce début d'année 2013, et pourquoi entend-on autant parler d'une « décennie perdue » ? La réponse est que le problème de la basse croissance exige plus qu'un changement dans les politiques monétaires nationales : il nécessite également un accord pour coordonner la croissance mondiale, et cette solution n'a pas été trouvée.