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Le fantôme de l’apaisement

PRAGUE – L’un des piliers fondamentaux de l’architecture politique de l’Europe repose sur  la conviction profonde et imprescriptible que les droits de l’homme sont légitimement universels et inaliénables, que les hommes ont le droit de vivre libres et qu’ils ont droit à la protection de leur dignité.

Cet idéal humaniste est à la base de l’identité spirituelle et politique de l’Europe d’après guerre et fut donc naturellement intégré dans les textes fondateurs de l’Union Européenne. Il n’est pas tant question pour l’Europe d’imposer à l’humanité ses valeurs, ses règles et sa culture. Bien au contraire. La vocation humaniste de l’Europe signifie simplement qu’elle est déterminée, quelles que soient les circonstances, à affirmer et à ne jamais abandonner les fondements de la civilisation européenne et de son unification. C’est pour cela que l’Europe considère l’universalité des droits de l’homme et des libertés comme essentielle.

Bien sûr, il y a beaucoup d’endroits dans le monde où les droits de l’homme et les libertés sont encore piétinés : Corée du Nord, Iran, Birmanie, Tibet, Zimbabwe, et tant d’autres.  Cette semaine doit se tenir une réunion du Conseil des Affaires Générales et des Relations Extérieures de l’UE (CAGRE) pour évoquer une fois encore les relations entre l’UE et Cuba.

Le gouvernement cubain n’a donné aucune suite aux nombreuses demandes de l’UE, maintes fois réitérées depuis des années, concernant la libération de tous les prisonniers politiques et l’arrêt des persécutions des groupes indépendants de la société civile et des opposants au régime. Bien au contraire, le gouvernement cubain continue de maintenir en détention les prisonniers de conscience et de réprimer toute tentative pour un véritable dialogue de société.