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L’impasse de la stratégie économique française

PARIS – A l'approche de l'élection présidentielle, la France approche un point de rupture. Depuis 30 ans, que ce soit sous la droite ou la gauche, le pays poursuit des objectifs incompatibles, voire contradictoires. Avec la crise de la dette souveraine qui pousse les banques - et par conséquent l'économie française - droit dans le mur, quelque chose doit céder.

Quand le moment critique se produira - presque certainement au cours de la première ou de la deuxième année qui suivra l'élection - cela entraînera un changement brusque et radical, peut-être encore plus lourd de conséquence que le coup d'état de De Gaulle marquant le début de la cinquième République.

La plupart des hommes politiques et des bureaucrates français qualifient cette idée d'alarmiste. Les indicateurs clés tels que le ratio de dette ou l'évolution du déficit budgétaire ne sont-ils pas plus préoccupants aux États Unis ou en Grande-Bretagne? Et en vérité, les difficultés de la France seraient sans doute comparables à celles des Anglo-Saxons, si ce n’était pour l’euro, l'enfant chéri de la classe politique française.

Si l'euro n'est pas la cause des problèmes économiques de la France, l'engagement de sa classe politique en faveur de la monnaie unique constitue une barrière insurmontable à leur résolution. Le problème fondamental tient à ce que le système super-généreux de protection sociale (les dépenses publiques dans ce secteur représentaient 57% de son PIB en 2010, contre 51% au Royaume-Uni et 48% en Allemagne) étouffe la croissance économique nécessaire à la viabilité de l'euro.