Paul Lachine

L'illusion du taux de change

MILAN - Si on observe les structures des échanges des deux plus grands acteurs de l'économie mondiale, deux faits se détachent. Le premier est  qu'alors que les États-Unis contractent un déficit commercial avec presque tous les pays, y compris le Canada, le Mexique, la Chine, l'Allemagne, la France, le Japon, la Corée du Sud et Taiwan, pour ne pas mentionner les pays exportateurs de pétrole, le plus grand déficit est celui contracté avec la Chine. Si des données commerciales étaient recalculées pour refléter le pays d'origine des divers composants à valeur ajoutée, le tableau d'ensemble ne changerait pas, sauf les grandeurs relatives : des déficits plus élevés des États-Unis avec l'Allemagne, la Corée du Sud, Taiwan et le Japon, et réduiraient nettement le déficit avec la Chine.

Le deuxième fait est que le Japon, la Corée du Sud et Taiwan - globalement des économies à haut-revenu - ont un grand surplus de leur balance commerciale avec la Chine. L'Allemagne a un commerce relativement équilibré avec la Chine, enregistrant même un modeste excédent bilatéral dans la période post-crise.

Les États-Unis ont un déficit commercial global persistant qui fluctue autour de 3-6% du PIB. Mais alors que le total reflète des déficits bilatéraux avec à peu près tout le monde, le congrès des États-Unis est hanté par la Chine et semble convaincu que la cause fondamentale du problème se situe dans la manipulation chinoise du taux de change du renminbi.

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