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La Priorité de l'UE après l'élargissement ? Le défi américain

Le sommet de l'Union Européenne qui vient de se refermer à Copenhague a plus ou moins décidé des futures frontières de l'UE. Dix nouveaux membres, en Europe centrale et en Méditerranée, seront admis en 2004. Deux autres pays, la Bulgarie et la Roumanie, peuvent envisager leur entrée dans l'Union trois ans plus tard. La Turquie, après bien des efforts, voit son statut de candidat officiellement reconnu réaffirmé, même s'il reste une grande incertitude quant à la date de son entrée effective dans l'UE.

Puisque ces négociations en vue d'un élargissement sont probablement les dernières avant longtemps, si ce n'est définitivement, il est urgent que les États membres réfléchissent sérieusement à la réécriture des traités de l'UE pour gérer cette nouvelle réalité en des termes qui seront utilisables à long terme. Et plus particulièrement, les États membres devront réfléchir de manière plus radicale au développement d'une politique étrangère et de sécurité européenne énergique, pour deux raisons.

Tout d'abord, cet élargissement repousse les frontières de l'UE jusqu'aux frontières de la Russie et de l'ex-Union soviétique. Si la Turquie rejoint l'UE, celle-ci s'étendra également jusqu'au coeur du Moyen-Orient. Ensuite, le contexte international au sein duquel l'UE opère est en pleine transformation suite à la révolution stratégique en cours à Washington. Ces 50 dernières années, l'UE fut à même de compter sur un partenariat bénéfique avec les États-Unis dans un environnement multilatéral. Cette situation n'est plus valable, même si nous ne connaissons pas encore l'étendue du nouvel unilatéralisme des États-Unis.

Le problème est aggravé par le fait que l'UE reste mal préparée dans son ensemble pour le « big bang » de son élargissement au moment même où celui-ci est sur le point de commencer. Personne ne sait comment gérer une Union de 25 ou plus États membres, pas même en termes de simple logistique, à commencer par l'augmentation géométrique des besoins en traduction. Considérons également les difficultés qui naîtront quand il faudra mener des négociations avec 25 délégations nationales, dont 10 ne seront pas du tout habituées au fonctionnement de l'UE.