6

L’éthique du piratage sur  l’internet

PRINCETON – L’an dernier, j’ai dit à une collègue que j’avais l’intention d’inclure l’éthique de l’internet dans un cours que je donnais. Elle a suggéré que je lise une anthologie récemment publiée sur l’éthique de l’informatique – et a joint la totalité du volume à son courriel.

Aurais-je dû refuser de lire un livre piraté ? Étais-je coupable de recel, comme l’affirment les défenseurs de lois plus strictes contre le piratage informatique ?

Si je vole le livre de quelqu’un de manière traditionnelle, j’ai le livre et le propriétaire originel ne l’a plus. C’est un avantage pour moi et un désavantage pour lui. Lorsque les gens utilisent des livres piratés, l’éditeur et l’auteur sont souvent désavantagés – ils perdent les revenus associés à la vente du livre.

Mais si ma collègue ne m’avait pas envoyé l’ouvrage en question, j’aurais dû l’emprunter à la bibliothèque de l’université. J’ai gagné du temps en n’ayant pas à le faire, sans que cela lèse quiconque. (Curieusement, compte tenu du sujet du livre, il n’est pas en vente sous forme numérique). En fait, d’autres ont profité de mon choix : le livre est resté sur les rayonnages de la bibliothèque, à la disposition d’autres lecteurs.