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Finances: la fin d’une époque

CAMBRIDGE – Les révolutions, dans le monde de l’économie et des finances, sont rares, et on n’en prend souvent conscience que rétrospectivement. Mais ce qui s’est passé le 19 février marque à coup sûr, dans la finance globale, la fin d’une époque.

Le bulletin émanant ce jour-là du Fonds monétaire international allait à l’encontre de la position que ses économistes avaient longtemps tenue en matière de contrôles de capitaux. Les taxes et autres contrôles sur les flux de capitaux, écrivaient-ils, ont leur utilité et constituent une “part légitime” de l’arsenal des dirigeants politiques.

Avec un bon sens dont le Fonds avait bizarrement manqué durant deux décennies, le bulletin faisait observer: “Des raisons logiques portent à penser que, bien conçus, les contrôles sur les flux des capitaux pourraient avoir toute leur place” aux côtés d’autres mesures. En novembre dernier, Dominique Strauss-Kahn, le responsable du FMI, jouait encore les rabat-joie face à la volonté brésilienne de taxer les flux de capitaux spéculatifs et refusait d’ériger ce type de contrôles en norme.

Ce bulletin de février est donc un revirement phénoménal – un peu plus, et c’était le désaveu qui amène une institution à dire, “Désolés, on s’est planté” – mais il fait écho au retournement d’opinion auquel on a assisté chez les économistes, et qui explique, par exemple, que Simon Johnson, l’économiste en chef du FMI en 2007-2008, soit devenu l’un des plus ardents défenseurs de la sévérité des contrôles financiers à l’intérieur et par-delà les frontières.