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Le triangle est-asiatique

Une fois de plus, la course aux armes nucléaires de la Corée du Nord menace la stabilité de l'Asie. Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, a organisé en hâte un sommet en Chine avec le président Hu Jintao la veille de l'essai nucléaire nord-coréen, et lors de cette rencontre les deux hommes se sont accordés à dire qu'une telle démarche était “intolérable.”

Cette rencontre est un événement positif. Pourtant, Abe prend ses nouvelles fonctions avec une réputation de nationaliste plus appuyée que celle de son prédécesseur, Junichiro Koizumi, dont l'insistance pour visiter le polémique sanctuaire de Yasukuni (où sont enterrés les pires criminels de guerre de la Seconde Guerre mondiale) a contribué à envenimer les relations avec la Chine. Si l'on veut préserver la stabilité, les relations sino-japonaises doivent s'améliorer.

Bien que les ambitions nucléaires de la Corée du Nord soient inquiétantes et déstabilisantes, l'importance croissante de la Chine est la principale préoccupation stratégique de l'est de l'Asie. Son économie connaît une augmentation annuelle de 8 % à 10 % depuis trente ans. Le rythme de ses dépenses de défense est encore plus accentué. Pourtant, les dirigeants chinois parlent de “la montée pacifique” de la Chine et de son “développement pacifique.”

Certains pensent que la Chine ne peut s'élever pacifiquement, qu'elle recherchera l'hégémonie en Asie de l'est, ce qui débouchera sur un conflit avec les États-Unis et le Japon. D'autres soulignent que la Chine s'est engagée dans une politique de “bon voisinage” depuis les années 1990, qu'elle a réglé des querelles frontalières, a joué un plus grand rôle dans les institutions internationales et a reconnu les bénéfices de la force douce.