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La disparition des parlements

Août représente traditionnellement le mois des vacances parlementaires d'été. Ce qui offre un moment pour examiner leur affaiblissement.

À travers toute l'Europe, Tony Blair, le premier ministre britannique, n'est pas le seul à être accusé de « présidentialisme » de nos jours. Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, essuie les mêmes critiques dans la campagne politique allemande actuelle. Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, n'aime pas être appelé par son titre de premier ministre : techniquement, il est président du Conseil (des ministres), et il insiste donc pour utiliser le titre de président. La France, bien sûr, est une démocratie présidentielle.

Pour beaucoup, le « présidentialisme » a des accents de constitution américaine ; mais ceux qui soupçonnent que le courant actuel est une autre facette de l'américanisation de l'Europe se trompent. Le pouvoir du président américain est sévèrement limité par l'Assemblée en vertu de la constitution américaine : il n'est qu'un élément de la triade des pouvoirs séparés. Les premiers ministres « présidentiels » européens sont, au contraire, ce qu'un Lord Chancelier britannique (ministre de la justice) décrivit une fois comme des « dictateurs élus ».

Cela signifie principalement qu'ils ont cessé de prendre leurs parlements au sérieux. Certains premiers ministres n'assistent que rarement aux cessions parlementaires. Quand ils daignent faire une apparition, ils sont traités avec déférence.