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La fin de la confiance

BANGKOK – Un ami m’a récemment posé une question en apparence naïve : “Qu’est-ce que l’argent ? Comment savoir s’il vaut vraiment ce qu’il prétend valoir ?” Nos premiers cours d’économie nous enseignent que l’argent est un moyen d’échange. Mais pourquoi l’acceptons-nous ? Après tout, mes billets ne sont rien d’autre que des bouts de papiers avec des chiffres écrits dessus.

Nous croyons aux billets parce que nous décidons collectivement de faire confiance au gouvernement qui nous dit que 100 vaut 100, et pas 10 ni 50. L’argent, par conséquent, est une question de confiance, sans laquelle aucune société ne peut fonctionner.

Tout comme nous obéissons aux ordres de nous battre et de mourir que nous donnent nos dirigeants, parce que nous avons confiance en leur jugement, nous confions nos carrières et notre argent à ceux qui gèrent Citigroup, Goldman Sachs et d’autres banques du même type, parce que nous croyons que leurs dirigeants feront preuve de justice envers leurs employés et leurs clients, et d’honneur dans leurs pratiques commerciales. Nous ne sommes pas élevés pour avoir un jour envie de travailler pour des escrocs et des menteurs.

Quand cette confiance est trahie, les conséquences sont néfastes. L’argent perd sa crédibilité. Les dirigeants deviennent des objets de mépris, ou pire encore.