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Le dollar trompe-la-mort

BERKELEY, É-U La blogosphère s’émoustille des rumeurs de disparition du dollar. Le billet vert a chuté de 15% par rapport à l’euro depuis le début de l’été. Les banques centrales ont progressivement cessé d’accumuler des dollars et préfèrent d’autres monnaies. Une histoire sensationnelle, même si elle n’est pas vérifiée, prétend que les États du Golf seraient en train de conspirer avec la Chine, la Russie, le Japon et la France (une bien drôle de coalition, n’est-ce pas ?) pour établir le prix du pétrole à partir d’une autre monnaie que le dollar.  

Les économistes n’ont aucun problème à expliquer la faiblesse du dollar a posteriori. Les ménages américains épargnant plus pour reconstituer leur retraite, le pays doit exporter plus. Il faut un dollar plus faible pour rendre les biens américains plus attractifs aux yeux des consommateurs étrangers.

En outre, le ralentissement des flux de capitaux étrangers vers les Etats-Unis résulte de la désillusion provoquée par une des grandes spécialités des institutions américaines, ces instruments sophistiqués qu’elles ont créé et distribué. Le dollar est affaibli par la baisse des achats d’actifs américains. Les conjoncturistes, par extrapolation du passé dans l’avenir, prévoient une baisse encore plus importante.

La première chose à dire à ce sujet est qu’il faut se méfier des prévisions des économistes, surtout celles à court terme. Nos modèles sont clairement incapables de prédire les mouvements monétaires sur quelques semaines ou quelques mois.