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Plaidoyer pour un État palestinien

RAMALLAH – Les griefs perpétuant la violence et la guerre ne sont nulle part plus évidents dans le monde qu’ils ne le sont aujourd’hui en Palestine. Les dirigeants politiques mondiaux continuent pourtant à contourner le problème au lieu de l’affronter. Les récentes violences meurtrières à Gaza prouvent à nouveau qu’une population qui vit sous l’occupation et en état de siège a besoin d’un horizon politique, et pas seulement d’un cessez-le-feu : les arguments en faveur d’un État palestinien indépendant n’ont jamais été aussi convaincants qu’aujourd’hui.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé d’aller de l’avant avec sa demande de tenue d’un vote sur la reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée générale des Nations unies cette semaine, malgré les pressions, les promesses et les menaces émanant d’Israël et de certains de ses alliées occidentaux. D’après eux, les Palestiniens devraient, au lieu de suivre la voie diplomatique des Nations unies, continuer à dépendre de négociations asymétriques qui n’ont guère servi à plus que des séances de photos.

Le vote des Nations unies (qui coïncide avec la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien) ne donnera pas le statut de membre de plein droit à la Palestine, mais l’élèvera à celui d’État observateur non membre, comparable à celui du Vatican. Ses dirigeants seraient alors en mesure d’engager des poursuites contre les Israéliens pour crimes de guerre devant la Cour pénale internationale de La Haye.

Les sionistes de Palestine se sont réjouis à la suite du vote de l’Assemblée générale des Nations entérinant le plan de partage du territoire en deux États, l’un juif, l’autre arabe, en 1947. Il est assez ironique de songer, alors que les tirs de roquettes de Gaza frappent les faubourgs de Tel-Aviv, que ces Israéliens qui se félicitaient de la partition, et leurs descendants, ne voient pas l’importance de concrétiser l’autre moitié du plan de partage.