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La Ligne de partage Atlantique en noir et blanc

Les relations entre l'Europe occidentale continentale et les États-Unis n'ont jamais été autant mises à l'épreuve ces dernières années qu'elles le furent dernièrement. La cause en est-elle un désaccord à court terme sur une question spécifique, la guerre en Irak ? Ou la ligne de partage de l'idéologie transatlantique est-elle plus profonde, pénétrante et probablement peu encline à disparaître rapidement ?

Avant que les diplomates et les experts ne commencent à colmater les différences des deux côtés, il faut réfléchir à leurs origines. Parce que nous sommes certains que cette ligne de partage transatlantique reflète des différences fondamentales en termes de valeurs, avec l'avertissement direct que ces différences ne sont pas, et ne doivent pas être, sources de conflits de chaque côté.

Les valeurs profondément différentes que l'Amérique et l'Europe entretiennent sont mieux perçues par l'examen de la perception par chacune de la pauvreté, de l'inégalité et de l'État providence. Selon le World Value Survey, une étude appréciée sur les attitudes, menée dans quelque 40 pays, 60 % des Américains croient que les pauvres sont « paresseux », un avis que ne partage que 26 % des Européens. En proportions presque opposées, 60 % des Européens et 29 % des Américains pensent que les pauvres sont piégés dans leur pauvreté.

De même, les conclusions apportées par certains sondages sur le bien-être indiquent que les Américains sont bien moins importunés par les inégalités que les Européens. En fait, même les Américains des classes défavorisées ne sont pas dérangés par les inégalités, qu'ils perçoivent comme une échelle social qu'il leur est possible d'escalader. Les classes défavorisées d'Europe voient l'inégalité comme un obstacle social insurmontable.