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Le facteur syrien de l’anarchie

TEL AVIV – L’incapacité de l’administration Obama, de ses alliés occidentaux et d’un certain nombre de puissances régionales du Moyen-Orient de prendre des mesures plus audacieuses pour mettre un coup d’arrêt au carnage syrien est souvent justifiée par leur peur de l’anarchie. Certains soutiennent que compte tenu de l’inefficacité et la désunion manifestes de l’opposition syrienne, la chute du président Bashar al-Assad, lorsqu’elle se produira enfin, entraînera guerre civile, massacres et chaos, susceptibles de se répandre au-delà des frontières de la Syrie, déstabilisant davantage des voisins déjà fragilisés comme l’Irak et le Liban, et conduisant potentiellement à une crise régionale.

La réalité de ce qui se passe en Syrie contredit tout à fait cet argument. En fait, la crise persistante est en train de corroder le tissu de la société syrienne et de son gouvernement. C’est en ce moment-même que s’installe l’anarchie : elle précède – en la précipitant – l’effondrement final de régime.

Les États-Unis, comme beaucoup d’autres, privilégient actuellement les grands discours et les mesures condamnatrices symboliques à une action réelle en Syrie. Les sanctions qui frappent les auteurs d’attaques électroniques dirigées contre les médias sociaux de l’opposition ne sauraient constituer une réponse aux bombardements des quartiers civils d’Homs et de Deraa.

Depuis plusieurs mois, les obstructions russe et chinoise au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies ont constitué de réels obstacles à des sanctions plus efficaces, mais également un voile bien pratique en faveur de l’inaction. Plus récemment, la mission de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, assurée au nom de la Ligue arabe des Nations Unies, a joué un rôle tout à fait similaire.