5

Les USA doivent se prononcer pour la démocratie en Egypte

PRINCETON –A l'unisson, les Frères musulmans et l'opposition libérale critiquent les USA. La situation n'est donc facile ni pour l'ambassadrice Anne Patterson, ni pour le secrétaire d'Etat John Kerry, ni pour son vice-secrétaire, William Burns, qui s'est rendu récemment au Caire. Cette visite montre que les USA essayent d'adopter une politique adéquate.

Tout en évitant de soutenir un parti en particulier, ils veulent défendre une conception de la démocratie libérale qui comporte des élections libres et équitables et un mode de gouvernance qui respecte et inclut les points de vue minoritaire et défend les libertés individuelles. Or cela suppose de s'opposer à Israël et à l'Arabie saoudite.

Les jeunes qui ont mené la révolution égyptienne il y a deux ans et demi sont méfiants à l'égard des USA pour une raison simple : ils ont soutenu l'ex-président Moubarak pendant 30 ans. Du point de vue américain, le président Obama s'est rapidement détourné de l'ancien président pour s'intéresser bien davantage au peuple, mais on ne s'en est pas rendu compte dans les rues du Caire. Quand Morsi, un Frère musulman, a été élu année dernière, beaucoup d'Egyptiens ont cru que les USA le soutenaient, car ils n'imaginaient pas que ces derniers accepteraient un résultat autre que celui auquel ils voulaient aboutir.

Quand l'ambassadrice Patterson a essayé de travailler avec le gouvernement Morsi au mieux des intérêts américains et a poussé à une politique plus inclusive et plus respectueuse des droits, l'opposition libérale a considéré qu'elle soutenait les Frères musulmans. Mais quand les USA ont refusé de qualifier de coup d'Etat le renversement de Morsi par l'armée (ce qui aurait entraîné la suppression de l'aide annuelle d'un milliard et demi de dollars en faveur de l'armée égyptienne), les partisans des Frères musulmans ont conclu que l'Amérique approuvait l'intervention de l'armée.