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Un remède pour l'Europe

NEW-YORK – Il est maintenant clair que la principale cause de la crise de l'euro est l'abandon par les Etats membres de leur droit d'imprimer de l'argent - responsabilité qui incombe à la Banque centrale européenne (BCE). Ils n'avaient pas compris ce que cet abandon supposait, pas davantage d'ailleurs que les autorités européennes.

Lors de l'introduction de l'euro, le régulateur a autorisé les banques à acheter les bons du Trésor européens en quantité illimitée sans exiger qu'elles conservent des capitaux propres. Les banques commerciales ont trouvé avantageux d'accumuler les bons des pays les plus faibles de manière à gagner quelques points de base supplémentaires, ce qui a entraîné la convergence des taux d'intérêt dans toute la zone euro. Confrontée au fardeau de la réunification, l'Allemagne a entrepris des réformes structurelles, devenant ainsi plus compétitive. Grâce à un crédit facile, d'autres pays ont connu un boom immobilier et un boom de la consommation, perdant ainsi en compétitivité.

C'est alors qu'est survenue la crise de 2008. Les différents Etats ont dû secourir leurs banques. Certaines d'entre elles se sont trouvées dans la position d'un pays en développement lourdement endetté dans une devise qu'il ne contrôle pas. A l'image des écarts de performance économique, l'Europe s'est alors divisée en pays créanciers et pays endettés.

Quand les marchés financiers ont réalisé que les bons du Trésor supposés sûrs risquaient de ne pas être remboursés, ils ont augmenté les primes de risque de manière spectaculaire. C'est ainsi que les banques commerciales détentrices en grand nombre de ces bons sont devenues potentiellement insolvables, ce qui a entraîné la double crise de la dette souveraine et du secteur bancaire.