Paul Lachine

Taxer l’occupation israélienne

LE CAIRE – Les intellectuels et décisionnaires arabes ont souvent accusé les Européens d’utiliser leur générosité financière pour dissimuler leur impuissance en ce qui concerne le conflit israélo-arabe. Pour que l’Europe soit prise au sérieux comme acteur sur la scène mondiale, disent-ils, il faudrait que cette générosité s’accompagne d’un peu d’autorité.

Aux yeux des Arabes, les responsables européens plaident implicitement coupables en évoquant à chaque fois les politiques multilatérales complexes et la nature bureaucratique de l’Union européenne. Leurs interlocuteurs arabes n’en sont pas dupes pour autant : ils veulent que l’Europe cesse de parler comme une grande puissance et commence à se comporter comme telle.

Mais c’est précisément ce désir qu’a l’UE de vouloir être de plus en plus perçue comme un État nation qui l’a placée en porte-à-faux par rapport au conflit israélo-arabe. L’incapacité de l’Europe à jouer un rôle politique dans le processus de paix au Moyen-Orient a été attribué à tort à un préjugé négatif européen envers l’État hébreu. Les conseillers politiques ont estimé qu’il était nécessaire d’obtenir la confiance d’Israël pour réunir un soutien à un rôle éventuel de l’Europe dans le processus de paix. Rien n’a été trop beau pour acquérir cette confiance : transferts de technologie, développement des relations, accords associatifs, et même, paraît-il, la perspective d’une adhésion à l’UE.

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