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Les emplois peu qualifiés doivent être subventionnés

On ne l'a peut-être pas réalisé sur le moment, mais la récente vague de protestation anti-CPE (le contrat qui aurait donné davantage de liberté aux employeurs pour licencier les jeunes employés) qui a déferlé récemment sur la France a eu une conséquence heureuse. Pour désamorcer la crise, le président Chirac a fait machine arrière et il a proposé de remplacer ce contrat par une subvention à l'embauche pour réduire le chômage des jeunes. L'Allemagne envisage d'adopter une mesure du même genre.

Pour les défenseurs d'une plus grande flexibilité du marché du travail, subventionner les patrons pour qu'ils embauchent des jeunes est une erreur. Ils estiment que si les employeurs peuvent licencier plus facilement, ils embaucheront plus facilement. Mais ce point de vue ne prend pas en compte le fait qu'un marché du travail déréglementé ne supprimera pas le chômage et ne transformera pas les travailleurs sans qualification et sans grande efficacité en salariés hautement productifs et bien payés. Si les propositions de subvention à l'embauche en France et en Allemagne ont un défaut, ce n'est pas d'être inutiles, mais de ne pas aller assez loin.

Dans les économies développées du monde occidental, beaucoup de gens dans toutes les tranches d'âge n'ont pas de véritable emploi. Aux USA, le salaire des travailleurs les moins qualifiés est si faible que même s'ils n'en sont pas réduits à la misère, il leur est psychologiquement difficile de conserver longtemps un emploi. Parfois, ils sont tellement démoralisés ou préoccupés par leur situation qu'ils deviennent inemployables et dans certains pays on ne les embauche même pas, car le salaire minimum les rend trop chers pour des employeurs qui veulent respecter la légalité. En Europe, ils sont exclus de l'emploi en raison d'accords sur l'emploi et parfois en raison du salaire minimum. Dans les deux cas, ces travailleurs sont exclus de l'emploi et de l'occasion d'épanouissement personnel que le travail procure généralement.

Cette situation a un coût social élevé, notamment en termes de délinquance, de violence et d'assistanat. Ce sont des patholgies sociales qui deviennent une arme entre les mains de politiciens démagogues qui veulent s'en prendre à la liberté d'entreprendre dont les pays occidentaux ont besoin pour assurer leur dynamisme économique et par conséquent leur prospérité. C'est pourquoi ceux qui sont inclus dans le système, qui bénéficient de la liberté d'entreprendre et qui supportent déjà le coût social de l'exclusion, devraient être d'accord pour financer des mesures destinées à mettre fin à cette situation.