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L’avenir sud-coréen de la Chine

DENVER – Les fameuses négociations à six menées dans le cadre d’un mécanisme international quelque peu chaotique par les États-Unis, la Chine, la Russie, la Corée du Sud et le Japon auprès de la Corée du Nord sur la question des aspirations nucléaires de cette dernière sont souvent citées comme un exemple de diplomatie multilatérale. En réalité, ces discussions se tiennent autour d’une table dont l’agenda consiste plus largement à aborder un certain nombre de questions qui s’étendent bien au-delà du seul problème nucléaire nord-coréen, favorisant ce faisant le processus d’amorçage de relations bilatérales interdépendantes dans la région.

Pour les Chinois, en particulier, ces pourparlers offrent une opportunité de mieux connaître certains de leurs voisins – et ont de toute évidence été bénéfiques pour les relations sino-américaines. Mais il se pourrait bien que la relation bilatérale la plus fondamentale à s’être trouvée renforcée par ce mécanisme à six acteurs soit la relation entre la Chine et la Corée du Sud. C’est ce que le monde pourra constater au grand jour à la fin du mois de juin, lorsque la nouvelle présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye, se rendra à Pékin pour rencontrer le nouveau président chinois, Xi Jinping.

Bien évidemment, nul besoin pour la Chine et la Corée du Sud de faire connaissance l’une avec l’autre, compte tenu du poids de l’histoire dans la région. La relation qui les unit est néanmoins sur le point de changer, notamment grâce aux modèles de coopération officielle que les discussions à six ont permis de mettre en place.

Si les Chinois parviennent à prendre leurs distances avec la Corée du Nord, il leur appartiendra de s’orienter vers un autre lieu. Et ce lieu n’est autre que Séoul. Après tout, la Chine a besoin d’établir une relation durable avec la péninsule coréenne voisine.