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Relancer la croissance d’Afrique du Sud

JOHANNESBURG – Un paradoxe de l’expansion économique rapide de l’Afrique subsaharienne est que l’économie la plus évoluée de la région ne semble pas en faire vraiment partie. Depuis 2008, l’Afrique du Sud n’a enregistré qu’un taux moyen de croissance annuelle du PIB de  1.8 %, moins de la moitié de celui des cinq années précédentes. Le Fonds monétaire international table sur une production dans le reste de l’Afrique subsaharienne qui croîtra à un rythme proche de 5 % l’an prochain, mais la croissance de l’Afrique du Sud devrait à peine dépasser le 1 %. Plus inquiétant encore, le taux de chômage du pays – au-dessus de 25 % – est l’un des plus élevés au monde.

L’Afrique du Sud doit reprendre l’initiative économique, en créant – littéralement – l’Afrique du futur. Tous les pays du continent qui se précipitent dans la construction de routes, de ports, de centrales électriques, d’écoles et d’hôpitaux devront étayer leur croissance et combler les besoins de leurs populations en plein essor qui s’urbanisent rapidement. Et l’expertise est la chose dont ils ont le plus besoin.

Or tandis que l’Afrique du Sud est dotée de secteurs des plus performants en architecture, construction et génie, sa part actuelle des projets conçus à l’étranger en Afrique subsaharienne s’élève à 7 %, par rapport à 32 % pour la Chine. Selon le McKinsey Global Institute (MGI), une initiative coordonnée entre les entreprises de construction, les banques, les établissements financiers et les ministères d’État de l’Afrique du Sud – en partenariat avec leurs homologues des autres pays d’Afrique – pourrait tripler cette part, créant éventuellement 80 000 nouveaux emplois au pays grâce aux exportations de services de construction d’ici 2030.

Les débouchés ne se limitent pas au seul secteur de la construction. L’Afrique du Sud possède aussi un savoir-faire nécessaire pour combler le besoin grandissant en Afrique d’un vaste éventail de services : des opérations bancaires aux activités des compagnies d’assurance en passant par les secteurs de la distribution et du transport. Le pays ne compte actuellement que pour 2 % des  importations de service de l’Afrique subsaharienne – un marché valant plus de 40 milliards $ annuellement. Le contraste avec les autres chefs de file économiques des autres régions est éloquent. Le Brésil compte pour 26 % des importations de services de l’Amérique latine et le Royaume-Uni compte pour 19 % de celles de l’Europe.