5

Quelle fiscalité pour l'Europe ?

ATHENES/BERLIN – Les gouvernements des pays de l'UE et d'ailleurs sont confrontés à une situation qui tourne à l'absurde : le fardeau de la dette publique leur impose de réduire les déficits en diminuant les dépenses et en augmentant les impôts. Or cela entrave la consommation nécessaire pour stimuler l'économie et relancer la croissance. Le débat qui portait précédemment sur l'austérité s'oriente maintenant vers le soutien à la croissance. Dans ce contexte, quelle politique fiscale choisir pour parvenir au bon équilibre ?

Quand les gouvernements envisagent les décisions difficiles concernant les hausses d'impôt, ils pensent généralement à l'impôt sur le revenu, à l'impôt sur les sociétés et à la TVA. Pourtant il existe d'autres impôts qui freinent moins l'économie tout en rapportant des sommes considérables, les taxes sur la consommation d'électricité et des énergies fossiles.

Elles jouent un rôle crucial pour diminuer les émissions de carbone à l'origine du réchauffement climatique. Des recherches récentes montrent qu'elles peuvent renflouer significativement le budget de l'Etat sans véritablement nuire à la croissance.

Qu'il s'agisse de l'Europe, de l'Amérique ou du Japon, l'impôt sur l'énergie et l'impôt sur les émissions de carbone présentent moins d'inconvénients pour l'économie, la consommation et l'emploi que l'impôt sur le revenu ou la TVA. Ainsi à rentabilité identique, une hausse d'un impôt direct tels que l'impôt sur le revenu freine deux fois plus la consommation que l'impôt sur l'énergie ou sur les émissions de carbone.