3

Une aube nouvelle pour le Japon

DAVOS – Pendant des années, les commentateurs économiques ont fait référence au Japon comme au pays du soleil couchant. À leurs yeux, le degré de maturité de l’économie japonaise empêchait désormais toute perspective de croissance. Notre dette publique était soi-disant intenable, et notre prétendue sentiment de résignation mis en avant comme l’un des symptômes d’un relatif déclin.

Ces commentaires se font aujourd’hui de plus en plus rares. L’économie du Japon est passée d’une croissance négative à une croissance positive, et est désormais sur le point d’en finir avec une déflation chronique. Au printemps prochain, les traitements et salaires devraient augmenter – aspect depuis longtemps attendu, et voué à engendrer une plus forte consommation. Notre situation budgétaire s’est également continuellement améliorée, le gouvernement que je dirige étant en passe de consolider les finances publiques.

En parallèle de ces améliorations économiques, le peuple japonais démontre de plus en plus de dynamisme et d’optimisme – un état d’esprit illustré par l’enthousiasme de l’opinion autour de la désignation de Tokyo en tant que ville d’accueil des Jeux olympiques et paralympiques de 2020.

Ce n’est donc nullement un crépuscule, mais bien une aube nouvelle, qu’il s’agit d’évoquer pour le Japon. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes parvenus à nous affranchir de l’idée selon laquelle un certain nombre de réformes ne pourraient jamais être mises en œuvre. J’affirme de nouveau avoir pour volonté d’agir à la manière d’un perforateur suffisamment solide pour rompre cette véritable masse rocheuse que constituent les intérêts particuliers. Et c’est bien ce que nous sommes en train d’accomplir.