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Réformes en trompe-l'œil en Arabie saoudite

Après avoir laissé espérer une véritable réforme politique en Arabie saoudite, le roi Abdallah a déclaré que le temps du changement n'était pas encore arrivé. Malgré le remaniement du cabinet, tout reste figé. La population saoudite, composée pour moitié de jeunes de moins de 15 ans, va continuer à être abreuvée par la télévision des sempiternelles images des vieux princes - certains sont en place depuis 40 ans - symboles de la déliquescence de la vie politique. Il est paradoxal de voir l'Arabie saoudite paralysée sur le plan intérieur, alors qu'elle est de plus en plus active sur la scène diplomatique, essayant par exemple d'apporter une solution à la situation en Irak.

Ce n'est pas cela qu'attendaient les Saoudiens. Depuis un an et demi, ils espéraient un remaniement du cabinet qui aurait symbolisé un renouveau dans la définition de l'identité de la nation saoudienne et de son futur et aurait grandit l'image du roi en tant que réformateur. On croyait aussi à l'intégration de groupes jusqu'ici marginalisés, par exemple par la nomination d'un ministre chiite pour la première fois dans l'Histoire du Royaume, ainsi que des mesures contre la corruption par la mise à l'écart de ministres en place de longue date.

L'inertie va bien au-delà du remaniement du Cabinet, ainsi l'appareil judiciaire qui compte 700 juges reste lui aussi immuable. Les paroles creuses typiques de l'Arabie saoudite ne parvenant pas à masquer la réalité, cette immobilité engendre un profond malaise.

Il est surprenant que le roi Abdallah joue un rôle moteur pour régler les problèmes qui agitent la région, alors qu'il semble incapable de combler le retard pris par l'Arabie saoudite en termes de démocratie en comparaison avec des pays voisins comme la Jordanie ou les États du Golfe.