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La décennie du déni de l'Arabie Saoudite

LONDRES – L'Arabie Saoudite n'a peut-être pas été directement pointée du doigt dans la conspiration du 11 septembre 2001 ayant causé la mort de 3000 personnes, mais une conspiration du silence y couve toujours. Le royaume saoudien dément encore froidement le fait que les actions des terroristes s'inspiraient d'une idéologie née et développée en son sein.

Cette attitude semble devenir contagieuse, car même les États-Unis font tout ou presque pour détourner le sujet lorsque l'on souligne le rôle de Saoudiens dans les attentats du 11 septembre. Les Américains estiment sans doute plus sûr de s'inquiéter de terribles menaces plus théoriques que réelles incarnées par Saddam Hussein ou bien les mollahs chiites de l'Iran.

Dès l'écroulement des deux tours de New York, l'Amérique a voulu imposer au reste du monde sa propre vision de l'attentat terroriste. Le président George W. Bush n'a-t-il pas déjà fait la déclaration suivante : « vous êtes soit avec nous, soit contre nous » ? Son administration ne s'est-elle pas mise en tête de trier à la hâte les pays du monde entier selon ce critère manichéen ?

Aussi, tous les dirigeants des pays musulmans ont craint de se faire mettre au ban et l'Arabie Saoudite s'est sentie particulièrement visée, son régime appréhendant la fin possible des étroites relations avec les États-Unis dont bénéficie le pays depuis des décennies.