Le « mais » trompeur de la Russie

MOSCOU – Le Premier ministre Vladimir Poutine insiste sur le fait que « Sans un développement démocratique normal, la Russie n’a pas d’avenir. » Les Russes que nous sommes sommes heureux d’entendre ces paroles éclairées, mais Poutine ajoute un « mais » à son argument, ce qui l’affaiblit considérablement. En fait, le « mais » de Poutine retire tout sens à cette remarque.

Nous détestons ce « mais », cette conjonction de coordination, depuis l’aube de l’ère soviétique. A l’époque, on nous disait que la liberté est une bonne chose, mais que l’on ne pouvait pas vivre dans une société individualiste sans préoccupation commune pour l’état communiste. La Démocratie est une grande chose, mais uniquement dans l’intérêt du prolétariat. 

Le Premier ministre de la Russie nous dit aujourd’hui que la démocratie est vraiment une grande chose, mais que les manifestations publiques ne peuvent prendre place dans les lieux publics, comme par exemple aux alentours des hôpitaux ou ce genre d’endroits. Peu importe que la constitution russe n’inclut pas les hôpitaux dans sa liste de lieux interdits à tout rassemblement public, ou que les malades dans les hôpitaux aient eux aussi besoin de démocratie.

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