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L’occasion manquée des relations Russie-Japon

TOKYO – La récente visite du président russe Dmitri Medvedev dans l’archipel des Kouriles du Sud, des îles saisies par l’Armée rouge dans les derniers jours de la Seconde guerre mondiale, démontre sans équivoque que la Russie n’a aucune intention de rendre au Japon ces îles riches en minéraux. Cette visite n’est pas seulement une occasion manquée, compte tenu des besoins de modernisation de la Fédération russe – et de l’aide que le Japon pourrait lui apporter, mais également une grave erreur stratégique, à la lumière des inquiétudes liées aux ambitions de la Chine en Asie, qui pourraient notamment porter sur les régions sibériennes peu peuplées de la Russie.

Au mois d’avril dernier, la marine de guerre chinoise a conduit un exercice à tirs réels au large des côtes du Zhejiang en Mer de Chine orientale, et près des côtes japonaises, dont des exercices d’interception de missiles balistiques avec de nouveaux bâtiments de guerre. L’objectif de l’Armée populaire de libération semble avoir été d’améliorer les capacités opérationnelles de sa marine, en particulier dans les domaines de la guerre électronique et du brouillage, et de tester ses capacités d’intervention conjointe avec l’aéronavale chinoise.

De manière plus significative, la Chine semble avoir voulu lancer un avertissement aux Etats-Unis et à la Corée du Sud à l’approche des exercices conjoints des forces navales de ces deux pays en Mer Jaune. Mais ce faisant, la Chine a également envoyé un signal explicite au Japon et à la Russie.

Alors qu’il est évident que le Japon doit observer de très près les activités de l’armée chinoise, le gouvernement actuel a choisi de nommer comme ambassadeur en Chine un ancien président d’un conglomérat commercial (le sogo-shosha), qui sera sans doute moins préoccupé par des questions de sécurité nationale que par des questions commerciales.