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La crise de l’État de droit en Europe

BRUXELLES – Sur les décombres de deux guerres mondiales, les pays européens se sont unis pour constituer ce qui devait devenir l’expérience d’unification et de souveraineté partagée et coopérative la plus importante au monde. Mais en dépit des réalisations impressionnantes obtenues depuis plusieurs décennies, le projet européen est aujourd’hui confronté à un risque de désintégration.

Une crise financière non résolue, la crise des réfugiés, la détérioration du contexte de sécurité et un processus d’intégration en panne ont créé un environnement politique instable et toxique dans toute l’Europe qui a permis l’émergence du populisme et du nationalisme dans plusieurs pays. La manifestation la plus évidente de cette conjoncture est sans doute l’érosion de l’État de droit dans l’Union européenne.

Deux États membres de l’UE en particulier, la Hongrie et la Pologne, mettent aujourd’hui en péril les normes démocratiques européennes durement acquises – et portent ainsi préjudice à l’objectif même de l’intégration européenne.

En Hongrie, les valeurs démocratiques libérales ont été systématiquement battues en brèche par le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban. Depuis son retour au pouvoir en 2010, Orban a engagé la Hongrie sur la voie d’un nationalisme autoritaire et a exploité la crise des réfugiés pour cimenter une « mentalité d’assiégés » qui contribue à lui assurer le soutien de la population.