0

Obama, prix Nobel de la Paix

PARIS - En couronnant Barack Obama, le jury des Prix Nobel de la Paix a pris un risque. Le Président des États Unis, même si c'est à l'évidence un esprit pacifique, conduit la plus grande puissance mondiale du monde, laquelle est toujours en guerre, en Afghanistan comme en Irak. Si ce jury a choisi Obama ce n'est pas devant l'évidence.

Certains commentaires, ici où là, ont critiqué le Comité Nobel pour n'avoir à travers ce choix, couronné que des mots et des espérances. Je crois que cette critique est perverse, inappropriée, et par là dangereuse. Car elle consiste à condamner l'espérance sous la forme des mots.

Or il est en politique des mots qui sont des actes. Le discours du Caire, mots adressés au monde musulman, a déjà contribué à changer au moins l'atmosphère des relations. Et les mots que le Président Obama a adressés à l'Iran ont déjà produit des résultats : les conversations ont repris et l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique – l'AIEA de Vienne – va visiter les installations de Qom.

Le plus considérable n'est d'ailleurs peut-être pas là. C'est aussi par des mots – deux déclarations puis une conversation – qu'ont été engagés entre les deux Présidents Obama et Medvedev, donc entre les États Unis d'Amérique et la Fédération de Russie, les contacts nécessaires à l'élaboration conjointe d'un plan de désarmement nucléaire bilatéral et progressif.