0

Revolts of the Righteous

Dans certaines sphères intellectuelles, il est de bon ton de considérer l’athéisme comme le signe d’une éducation supérieure ou d’une civilisation fortement évoluée et éclairée. Les derniers best‑sellers montrent que la foi religieuse est devenue un véritable signe d’arriération, la marque d’un primitivisme bloqué à l’ère de l’obscurantisme et dépassé de loin par la raison scientifique. On nous dit que la religion est responsable de violence, d’oppression, de pauvreté et de nombreux autres fléaux.

Il n'est pas difficile de trouver des exemples pour étayer ses affirmations. Mais la religion peut‑elle aussi faire le bien ? En effet, y a-t-il des cas où la foi religieuse vient au secours même de ceux qui ne l'ont pas ?

Puisque je n'ai jamais eu la chance ni la malchance d'adhérer à quelconque religion que ce soit, il serait hypocrite de ma part de défendre ceux pour qui c'est le cas. Pourtant, en voyant à la télévision les moines birmans défier les forces de sécurité du régime le plus oppressif au monde, il me semble difficile de ne pas trouver quelques mérites à la croyance religieuse. La Birmanie est un pays profondément religieux où durant une partie de leur vie, la plupart des hommes sont des moines bouddhistes. Même le dictateur birman le plus cruel hésiterait avant de déchaîner la violence sur des hommes vêtus des robes safran et bordeaux témoins de leur foi.

Les moines birmans et les nonnes en robes roses ont vite été rejoints par les étudiants, les comédiens et d'autres partisans du retrait de la junte militaire. Mais ce sont les moines et les nonnes qui ont fait le premier pas en osant protester à un moment où tous les autres avaient presque baissé les bras – et tout cela, en suivant l'autorité morale de leur foi bouddhiste.