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Soyons réalistes au sujet de la Russie

BERLIN – Après sa victoire sur la Géorgie, la Russie poursuivra avec encore plus de ténacité sa stratégie consistant à revoir l'ordre post soviétique dans ce qu'elle appelle son « étranger proche ». L'Europe ne devrait pas se faire d'illusions à ce sujet ; elle doit commencer à s’y préparer. Tandis que l’Union européenne se demande quoi faire, le pragmatisme, et non la réaction excessive et hystérique, est de rigueur.

Malheureusement, comparer la situation actuelle au Caucase avec l'invasion de la Tchécoslovaquie par les soviétiques en 1968 ne relève en rien de ce type de pragmatisme. Ni l’Occident ni l'OTAN ne sont une menace importante pour la Russie : il s’agirait plutôt du Sud islamique et de l'Extrême-Orient, en particulier de la Chine, superpuissance émergente. Par ailleurs, la force de la Russie n'est en aucun cas comparable à celle de l’ex-Union soviétique.

En effet, la Russie subit un spectaculaire déclin démographique ; de plus, en dehors de l’exportation de matières premières, elle a peu à offrir à l'économie mondiale.

Malgré le boum des revenus du pétrole et du gaz, son infrastructure demeure sous‑développée et la réussite de la modernisation économique semble bien loin. De même, son système politique et juridique est autoritaire et ses nombreux problèmes de minorités demeurent irrésolus. Par conséquent, il est possible que la contestation de l'intégrité territoriale de la Géorgie s’avère être une grave erreur de la part de la Russie dans un futur relativement proche.