L'autoritarisme doux de Putin

La plaisanterie qui circule actuellement à Moscou peut se résumer en ces termes : les Américains ne savaient pas qui était leur président deux mois après la dernière élection présidentielle, mais nous, Russes, savions qui allait occuper le Kremlin deux années avant les dernières élections présidentielles.

La classe politique russe a toutes les raisons de se montrer espièglement et cyniquement fière du système qu'elle a inventé : ce système garantit les résultats escomptés. Malgré leur manque de drame, d'intrigue et de compétitivité, les élections ont joué un rôle important, non parce que la classe politique de Russie avait renoncé à tous les éléments essentiels des procédures électorales démocratiques authentiques, mais parce qu'elle a clos le chapitre sur l'expérience démocratique libérale de la Russe, légitimant ainsi le nouveau système politique russe mis en place par Putin.

Quelle est la nature du nouveau système ? La démocratie se pare-t-elle d'adjectifs, devenant ainsi une démocratie " gérée ", une démocratie " illibérale " ou une démocratie " électorale " ? Seuls quelques experts pontifiants adhèrent à cette approche. Ou bien le système est-il simplement un système autoritaire rusé ? Cette opinion constitue déjà une idée reçue, non seulement en Amérique, mais également en Europe.

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