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La Dernière bataille de Poutine

Le Président russe, Vladimir Poutine, a atteint ses objectifs avec brio lors de son premier mandat. Il a renforcé les pouvoirs du gouvernement fédéral tout en affaiblissant le monde des affaires, la presse libre, la parti communiste, les libéraux et la société civile. Au sein du gouvernement, il a fait pression sur les gouverneurs régionaux, les deux chambres du parlement, et même l'appareil d'Etat, et concentré tous les pouvoirs, l'exécutif, le législatif et le judiciaire, entre ses propres mains. Au même moment, depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir en 2000, la Russie a atteint une solide stabilité macroéconomique et une croissance annuelle régulière de 6,5 % en moyenne.

Malheureusement, la réussite de Poutine précipitera peut-être sa chute. Il eut la chance pendant son premier mandat de savoir reconnaître les limites de son pouvoir. Lecteur avide des sondages d'opinion, il a essayé, mystérieusement, de combler toutes les attentes de son électorat. Maintenant, grisé par l'enchaînement de ses triomphes politiques, il semble se penser libre de toute contrainte. Toutefois, aucun homme politique ne peut bénéficier de cette chance-là. Poutine a fait fi de bien trop de règles politiques et sa chance ne le suivra plus très longtemps.

Ainsi, se montrant trop jaloux de puissance et incapable de déléguer, voulant prendre toutes les décisions lui-même, il a remplacé un Premier ministre et un Chef de cabinet puissants par deux hommes inefficaces. Donc, plutôt que de créer un commandement vertical fort, il a paralysé son gouvernement.

Une des raisons de cette surcentralisation poussée à l'extrême vient de son manque de confiance en quiconque. Autre raison: son obsession pour le mystère. Policier véritablement secret, Poutine s'appuie sur son cercle d'hommes de main du KGB de l'époque de St-Pétersbourg. La base de son pouvoir s'amenuise toujours plus chaque jour et sa gestion de la presse indépendante le laisse de plus en plus mal informé.