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Donnons la priorité à la question palestinienne

HAIFA –  Il n'y a pas si longtemps, j'ai donné une interview à un journaliste hollandais à propos de l'Iran. Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou ayant semble-t-il interdit aux membres du gouvernement de s'exprimer publiquement sur ce sujet, les journalistes n'ont d'autre choix que de se rabattre sur d'autres sources, peut-être plus "intellectuelles", mais qui ne sont pas à même d'exprimer le point de vue officiel.

Le journaliste m'a demandé premièrement si je pensais qu'Israël allait lancer une attaque contre les installations nucléaires iraniennes, deuxièmement si je pensais que cela empêcherait l'Iran de parvenir à la bombe nucléaire, et troisièmement si je pensais que l'Iran risquait - s'il l'avait - de l'utiliser contre Israël. A chacune des trois questions, j'ai répondu que je n'en savais rien.

Il m'a alors demandé si le gouvernement israélien estime que les sanctions occidentales contre l'Iran sont suffisamment dissuasives. Une fois de plus j'ai avoué mon ignorance. Désespérant d'obtenir quoi que ce soit de ma part, il m'a alors demandé qu'est-ce que je savais.

J'ai rétorqué sur le champ que je savais ce qu'il faut faire pour rendre toutes ses questions caduques : reprendre sérieusement le processus de paix avec les Palestiniens et parvenir à ce qu'ils aient leur Etat, un objectif que même le gouvernement de droite israélien a officiellement adopté. Israël doit aussi arrêter l'expansion des colonies de peuplement et démanteler celles qui sont illégales. Les Iraniens seront alors contraints d'abandonner leur rhétorique enflammée et leurs sinistres menaces.