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Protégeons le Zimbabwe

JOHANNESBOURG – Alors que le bateau chinois qui devait livrer des armes au Zimbabwe, le An Yue Jiang, a fait semble-t-il demi-tour, on ne sait pas vers qui d'autre les forces militaires et paramilitaires du président Mugabe peuvent se tourner pour leur armement. La répression violente ne fait que s'accroitre contre le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) qui s'oppose à Mugabe et tous ceux qui l'ont aidé à arriver en tête de l'élection présidentielle dont les résultats n'ont pas encore été annoncés quatre semaines après le scrutin. C'est pourquoi il faut décréter un embargo international sur les ventes d'armes au Zimbabwe.

Par ailleurs, nous appelons l'Union africaine, à envoyer une mission d'enquête au Zimbabwe avec l'aide de l'ONU, afin de déterminer des mesures supplémentaires qui pourraient être mises en oeuvre pour répondre à la "responsabilité de protéger", un principe reconnu au plan international.

Le concept de la "responsabilité de protéger" a été adopté à l'unanimité lors du sommet mondial de l'ONU en 2005. Il reste cependant controversé, car on croit souvent qu'il implique l'emploi de la force militaire dans un but humanitaire. Nous pensons, ainsi que cela a été reconnu lors du sommet mondial de l'ONU, que la force militaire ne doit être que l'ultime recours pour empêcher ou arrêter des pertes de vie humaine à grande échelle. La première étape consiste à réunir des informations sûres de manière à déterminer les mesures à adopter au niveau international pour prévenir un désastre.

Dans le cas du Zimbabwe, ces informations sont extrêmement difficiles à obtenir. Le régime de Mugabe a systématiquement fermé les médias indépendants, s'en est pris aux organisations indépendantes de la société civile, refusé d'accorder des visas aux journalistes étrangers et arrêté et battu ceux d'entre eux qui sont néanmoins parvenu à entrer dans le pays.