Christopher Furlong/Getty Images

Édition génétique et semences dérobées

AUSTIN, TEXAS – Il y a quatre cents ans, John Rolfe utilisa des semences de plants de tabac dérobées dans les Caraïbes pour développer la toute première entreprise d’exportation rentable de l’État de Virginie, mettant ainsi à mal la commercialisation du tabac pour les colonies caribéennes de l’Espagne. Plus de deux cents ans plus tard, un autre Britannique, Henry Wickham, s’empara des semences d’un arbre à caoutchouc brésilien pour les replanter en Asie – au travers de cette célèbre institution colonialiste que constituaient les Jardins botaniques royaux de Londres – et amorça l’inversion du boom du caoutchouc amazonien.

À l’époque où les exportations de variétés de plantes n’étaient pas réglementées, une simple valise remplie de semences pouvait mettre en péril les moyens de subsistance d’une région, voire des économies tout entières. Compte tenu des progrès de la génétique, ceci pourrait bientôt être encore plus facile.

Certes, au cours des dernières décennies, des progrès considérables ont été accomplis dans la régulation de la circulation par-delà les frontières du matériel génétique des espèces animales, des plantes, et autres espèces vivantes. La Convention des Nations Unies sur le diversité biologique de 1992 a en particulier contribué à préserver les droits des fournisseurs de ressources génétiques – tels que (idéalement) les agriculteurs et les populations indigènes ayant œuvré pour protéger et favoriser des gènes précieux – en consacrant la souveraineté nationale dans le domaine de la biodiversité.

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