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Le réalisme progressiste

Aux USA, les sondages montrent qu'une majorité d'Américains désapprouve la politique étrangère du président Bush, mais il n'y a pas consensus sur ce qu'elle devrait être. Lors de son premier mandat, l'ambition débridée des néo-conservateurs et la pression des nationalistes ont produit une politique étrangère qui ressemblait à une voiture qui dispose d'un accélérateur, mais pas de freins. Elle était condamnée à déraper.

Comment l'Amérique devrait-elle employer son pouvoir sans précédent et quelle devrait être la place qu'elle attribue aux valeurs morales ? Les réalistes mettent en garde contre le fait de laisser ces valeurs déterminer la politique, mais la démocratie et les droits de l'homme ont été une part inhérente de la politique étrangère américaine depuis deux siècles. Le Parti démocrate pourrait résoudre ce problème en adoptant le "réalisme progressiste" proposé par Robert Wright et d'autres.

Une politique étrangère basée sur le réalisme progressiste commencerait par une évaluation de la force et des limites du pouvoir américain. Les USA sont la seule superpuissance, mais leur supériorité ne repose ni sur un empire, ni sur une hégémonie. L'Amérique peut influer le reste du monde, mais elle ne peut le contrôler.

Le pouvoir dépend toujours du contexte, et le contexte de la politique internationale ressemble aujourd'hui à une partie d'échec qui se jouerait sur trois niveaux. Le premier niveau, celui du pouvoir militaire, est dominé par l'Amérique, mais le deuxième, celui des relations économiques, est multipolaire, et le troisième, celui auquel se joue le changement climatique, le trafic de drogues, les risques liées à la grippe aviaire et le terrorisme, se caractérise par une répartition chaotique du pouvoir.