9

Trump et la politique étrangère des États-Unis : souffler sans jouer

DENVER – La campagne présidentielle aux États-Unis, déjà longue et agitée, le deviendra sans doute encore plus dans les mois à venir, puisque la compétition est désormais lancée, pour les élections de novembre, entre les candidats officiellement désignés des deux grands partis.

La candidate du Parti démocrate, Hillary Clinton, offre la continuité. Une administration Clinton demeurera, pour les amis et les alliés de l’Amérique, un partenaire conciliant, et elle maintiendra, à l’égard de ses adversaires, les grands principes de la politique étrangère américaine, laquelle, fondée sur la puissance et guidée par le pragmatisme, est parvenue, dans la plupart des cas, à garantir, pendant des décennies, la paix et la stabilité.

Du côté républicain, avec la nomination de Donald Trump, des conceptions pour le moins différentes se sont fait jour. Encore le candidat n’est-il là qu’une question secondaire, un symptôme de la transformation rapide du Parti républicain – le Grand Old Party (GOP) –, qui déroute non seulement les Américains eux-mêmes mais les opinions étrangères. 

Les élites du GOP ont passé la saison des primaires dans les affres du doute, se demandant comment un phénomène tel que la candidature Trump avait pu voir le jour. Ainsi, en mars 2016, des centaines de conseillers républicains, représentant un éventail assez large des choix de politique étrangère à l’intérieur du parti, ont-ils signé une lettre ouverte exprimant leur opposition à Trump. Si certains d’entre eux finiront par le soutenir en novembre, « rassurés » par son ralliement à leurs vues, la plupart resteront sur leurs positions.