0

Terrorisme domestique: prenons les devants!

BERLIN – Depuis quelques années, le terrorisme islamiste est devenu le défi majeur de la politique de sécurité de l’Allemagne et de nombreux pays occidentaux. Les terroristes cherchent à entretenir un climat de suspicion et de peur. Ils ont pour objectifs d’affaiblir l’Etat de droit de nos régimes démocratiques et de saper la confiance que les citoyens accordent à leurs institutions. Les gouvernements sont résolus à contrecarrer ces objectifs, mais la multiplication des mesures de précaution a pour résultat d’exacerber le sentiment d’insécurité, plutôt que de l’atténuer.

Les polémiques suscitées dans toute l’Europe par les nouvelles lois relatives à la lutte contre le terrorisme ont parfois répandu l’idée fausse que les Etats menacent la liberté de leurs citoyens, plus qu’ils ne la protègent. Mais liberté et sécurité publique sont loin d’être antinomiques, comme on l’imagine souvent. Elles sont au contraire complémentaires et même dépendantes l’une de l’autre. La sécurité publique est un préalable à la liberté, et la protection de la liberté est au fondement des responsabilités qu’un Etat démocratique se doit d’assumer face à la sécurité publique.

Le recours à la force, tant qu’il garantit la sécurité des citoyens, est une prérogative d’Etat qui n’a rien d’abusif. Contre la menace terroriste, les mesures de prévention vont du maintien de l’ordre à l’interpellation de ceux qui l’enfreignent. Ce sont des responsabilités essentielles. Pour autant, elles ne nécessitent pas, en principe, de se doter constamment de nouvelles lois.

Bien sûr, les responsables de la sécurité ont besoin d’outils adaptés à la lutte contre le terrorisme. Les terroristes ne se privent pas de recourir aux nouvelles technologies, et les méthodes légales et techniques dont disposent les pouvoirs doivent évoluer en conséquence. Mais les responsables de la sécurité ne peuvent pas être seuls dans cette lutte.