rogoff181_PEDROPARDOAFPGettyImages_mexicanpresidentwavingorangeflag Pedro Pardo/AFP/Getty Images

L’essor des populistes entraînera la chute des économies en Amérique latine

LONDRES – Bien que le président américain Donald Trump ait tendance à occuper la plupart des gros titres, il ne s’agit guère d’une exception mondiale. Les autocrates populistes ont bénéficié d'une hausse vertigineuse de leur pouvoir dans de nombreux pays à travers le monde, et nulle part ailleurs la tendance n’est aussi prononcée qu'en Amérique latine, après les élections du président de gauche du Mexique, Andrés Manuel López Obrador (AMLO) et le président de droite du Brésil, Jair Bolsonaro. Les Américains ont raison de se plaindre des tendances autocratiques Trump mais, comme l’ancien ministre des Finances du Chili Andrés Velasco leur rappellerait, Trump n’est qu’un simple apprenti en comparaison des populistes d’Amérique latine.

Certes, cela ne signifie pas que les économies du Mexique et du Brésil partageront le même sort que celui du Venezuela sous Hugo Chavez et son homme fort actuel, Nicolás Maduro. Chávez et Maduro ont réussi à transformer le pays le plus riche d'Amérique latine – qui abrite un quart des réserves prouvées de pétrole mondiales – en un cas désespéré, avec inflation supérieure à 1 000 000 % et un taux de pauvreté supérieur à 90%. Au moins quatre millions des 32 millions d'habitants du Venezuela ont fui le pays, et les prévisions suggèrent que nombre pourrait doubler cette année si Maduro reste en fonction. Le Venezuela doit son sort non tant aux sanctions économiques imposées par Trump qu’à ses propres dirigeants populistes. Le pays est en chute libre depuis des années, et la détérioration de la plupart de ses indicateurs sociaux et économiques est largement antérieure à l’arrivée au pouvoir de l'administration Trump.

AMLO, comme le charismatique Chávez il y a deux décennies, a été porté au pouvoir l'année dernière avec la promesse qu'il améliorerait la vie des gens ordinaires. L'un de ses premiers actes officiels a été d'interrompre la construction d'un nouvel aéroport dont avait désespérément besoin Mexico – même si le projet était déjà à 30% réalisé – au motif que les compagnies aériennes sont pour les riches. Il a ensuite lancé un projet de nouvel aéroport dans un endroit peu pratique, montagneux et plus lointain, où il a encore moins de chance d'être achevé.

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