Michael Newman/Flickr

Le coût éthique des œuvres d’art hors de prix

MELBOURNE – La vente d’art d’après-guerre et contemporain réalisée par Christie’s le mois dernier à New York s’est élevée à 745 millions de dollars, un record absolu pour une vente aux enchères d’œuvres d’art. On trouve parmi les toiles les plus chères des œuvres de Barnett Newman, Francis Bacon, Mark Rothko et Andy Warhol, chacune vendue plus de 60 millions de dollars. Selon le New York Times, les collectionneurs asiatiques ont tiré les prix vers le haut.

Certains acheteurs considèrent sans doute avoir fait un investissement, qu’ils auraient pu faire en achetant des actions, des biens immobiliers ou des lingots d’or. Dans ce cas, qu’ils aient payé un prix excessif ou non dépend du montant que ces œuvres atteindront dans une vente future.

Mais si la plus value n’est pas la motivation, quelle raison peut pousser quelqu’un à payer des dizaines de millions de dollars pour des œuvres comme celles-ci ? Elles ne sont pas vraiment belles et ne démontrent pas de véritable talent artistique. Elles ne sont même pas exceptionnelles par rapport à la production de l’artiste. Si vous faites une recherche images sur l’internet pour Barnett Newman, vous verrez beaucoup de toiles avec des bandes de couleur, souvent séparées par une ou plusieurs lignes verticales. Il semble que lorsque Newman avait une idée, il tenait à l’explorer à fond. Le mois dernier, quelqu’un s’est porté acquéreur de l’un de ces variations pour 84 millions de dollars. Un portrait de Marilyn Monroe, White Marilyn, par Andy Warhol – dont il existe également beaucoup d’exemplaires – est parti pour 41 millions de dollars.

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