0

Jeux olympiques stratégiques

NEW YORK – La Chine a longuement et durement bataillé pour accueillir les Jeux olympiques cet été ; des milliers de Chinois ont même dansé dans les rues en apprenant que Pékin était élu. Ce devait être une chance pour les Chinois de montrer au monde à quel point leur peuple et leur pays ont progressé.

J’ignore s'il existe en mandarin une expression équivalente à « prenez garde à ce que vous souhaitez [car cela pourrait bien se réaliser] » ; si c’est le cas, elle tombe à propos. La Chine est sous le feu des projecteurs internationaux, pourtant, ce n’est pas le genre d'attention à laquelle elle s’attendait. Elle fait l'objet d'un examen international dans tous les domaines, allant de sa politique sur le Tibet, les droits de l'homme et la sécurité de ses produits à la valeur de sa monnaie, sa politique au Soudan et au réchauffement climatique. Ce qui devait être un moment de réjouissances est en train de tourner à la semonce.

En effet, il est probable que plusieurs grands dirigeants, notamment le Premier Ministre britannique Gordon Brown, la Chancelière allemande Angela Merkel et le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-Moon, n'assisteront pas aux cérémonies d'ouverture. En outre, des politiciens américains de premier plan se sont prononcés en faveur du boycott ; tandis que d'autres chefs d'État, y compris le président français Nicolas Sarkozy, envisagent la possibilité de ne pas se déplacer.

Certes, la Chine mérite les critiques dans maints domaines de ses politiques nationale et internationale. Cependant, il serait malavisé de lui tourner le dos, compte tenu de ce qu'elle a accompli jusqu’ici et du fait qu'une telle attitude risquerait de provoquer l’inverse de ce que souhaitent ses détracteurs.