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L’économie olympique

LONDRES – La folie olympique qui a balayé le monde ces dernières semaines a conduit le pays hôte, la Grande-Bretagne, a faire preuve d’une rare démonstration de liesse publique. En fait, les succès de la « Team GB » ont entraîné une vague d’exultation patriotique qui n’était pas sans rappeler une victoire en temps de guerre. La Grande-Bretagne s’est placée troisième en nombre de médailles d’or, derrière les Etats-Unis et la Chine, des pays bien plus grands, mais devant la Russie, qui est généralement en compétition avec les Etats-Unis pour la première place.

La question se pose donc de savoir quel est le secret de la réussite aux Jeux Olympiques. L’obtention de médailles, parce qu’elle procure une telle satisfaction, fait l’objet d’enquêtes scientifiques et de programmes nationaux. Avant les Jeux de 2012, le journal Financial Times a combiné quatre modèles économiques pour prédire par « consensus » quels seraient les résultats des médailles d’or (les résultats réels sont entre parenthèses) : 1. Etats-Unis, 39 (44) ; 2. Chine 37 (38) ; 3. Grande-Bretagne, 24 (28) ; 4. Russie, 12 (21) ; 5. Corée du Sud, 12 (13) ; et 6. Allemagne, 9 (11). Le classement des médailles d’or et la répartition générale des médailles (or, argent, bronze) ont été prédits correctement dans tous les cas.

La conclusion la plus frappante est que le décompte des médailles peut être prédit avec une grande précision à partir de quatre variables clés : la population, le PIB par habitant, les performances passées et le fait d’être le pays hôte. Tous les autres facteurs – infrastructures d’entraînement, de meilleurs équipements ou autres – ne sont que très secondaires.

L’impact de la population et du PIB est assez évident : une population importante augmente les chances pour un pays d’avoir des athlètes ayant un talent naturel qui leur permet de remporter des médailles, tandis qu’un PIB élevé signifie que ce pays aura les moyens d’investir dans les infrastructures nécessaires pour entraîner des athlètes de haut niveau.