0

Obama et le syndrome du Vietnam

NEW HAVEN – La guerre en Afghanistan ne peut se résoudre par le militaire, seulement par la politique. Je manque de mourir d'ennui en écrivant cette phrase. A l’heure où le président des Etats-Unis réfléchit la guerre, qui souhaiterait faire une remarque, déjà relevée des milliers de fois ? Qui sur cette planète n’a pas encore compris qu’une guérilla ne peut être gagnée sans avoir remporté la sympathie et l’adhésion de la population ? Les Américains le savent bien depuis leur défaite au Vietnam.

Les habitants des Etats-Unis ont pour habitude de penser avoir tiré des enseignements – désormais devenus principes de précaution – de leur terrible expérience au Vietnam. Or, des textes historiques publiés récemment révèlent des faits bien plus étranges. En fait, la plupart de ces enseignements étaient connus – mais pas reconnus publiquement – avant que la guerre ne s’intensifie au Vietnam.

C’est là toute la différence. Si le massacre du Vietnam a été amorcé, en toute connaissance de ces « enseignements », pourquoi seraient-ils plus efficaces cette fois-ci ? Il semblerait que d’autres leçons soient nécessaires.

Pourquoi l’administration du président Lyndon Johnson a-t-elle engagé les Etats-Unis dans une guerre qui avait tout l’air d’une cause perdue, même aux yeux des officiels ? Le fait que Johnson était terrorisé par la droite américaine est une explication possible. Pressé par le sénateur Mike Mansfield de retirer les troupes du Vietnam, il répliqua qu’il ne souhaitait pas d’autre « Chine au Vietnam ».